Dimanche 24 janvier 2010 7 24 /01 /Jan /2010 11:47
Nine and a half weeks
week # 11
Venise, trois jours/ deux nuits
Gregoire Motte & Eleonore saintagnan + guests

Galerie Elaine levy, 9 rue fourmois, St-gilles, Bruxelles, 1er étage.
Nine and a half week est un projet de la galerie, du 31 octobre 2009 à la fin janvier de cette année, ce lieu prend congé pour laisser la place à des expérimentations aux limites de l'espace d'exposition et de son fonctionnement. Pour sortir du cadre étriqué du marché de l'art, peut-être sortir l'art du marché?

Rendu non-chronologique et non-exhaustif.
Une fresque vénitienne sur les murs de la galerie, peint avec de la sauce de tripes alla fiorentina, en souvenir d'un plat de tripes mangé à la trattoria de la piazzale roma de Venise par les artistes organisateurs. Des dessins romantiques et des écrits forts avaient alors été réalisés sur la nappe du restaurant à l'aide de la dite sauce.
Ce soir du 22 janvier 2010, la spécialité mijotait dans une casserole inoxidable, pour être servie aux visiteurs dont une grande partie était constituée principalement d'artistes Bruxellois.
Grégoire Motte et Eleonore Saintagnan ont eu l'idée d'organiser des résidences de trois jours à Venise pour des couples d'artistes, et ici à l'invitation de la galerie, se présentait l'occasion de soumettre ce projet en gestation, à des participants potentiels et à un public.
Des installations et des actions poétiques participatives principalement, émanant de couples d'artistes ou de duos.
Pour rester dans la métaphore gastronomique -on écrit des choses fortes et romantiques avec nos tripes- une première action poétique participative du couple Kurt Ryslavy/Natalie Yalon retiendra notre attention. Nous avions déjà été frappés par la force et la justesse des propositions de cet artiste Autrichien lorsque par le passé, Kurt Ryslavy avait - dans les locaux de Dialogist Kantoor- vendu des oeuvres  au poids- Le public pouvait acquérir pour une somme modique quelques grammes de pigments naturels, ceux-ci étaient alors emballés, Mr. Ryslavy apposant sa signature sur les paquets. Mr. Ryslavy est marchand de vin de son état, il vend du vin pour vivre.
Pourquoi se fatiguer dans le choix d'une oeuvre, pourquoi s'embarasser d'idées de compétitions et d'originalité? Mr. Ryslavy semble bien proposer une réponse originale: une oeuvre gratuite offerte à l'achat d'une bouteille de vin, le tout pour 5 euros seulement.
 Vous achetez une bouteille de vin à 5 euros, et Mr. Ryslavy vous offre en échange un papier, un document officiel mi-bon de commande et titre d'achat où l'artiste déposera une tache de peinture signée. La vente fut dirigée prestement par Natalie Yalon, atteignant par sa performance les meilleurs moments de vente à la criée de la FIAC.

criee.jpg
le panneau d'annonce sur fond de peinture à la trippe

Une fresque trippée, une vente d'oeuvres à la criée, mais aussi deux chapeaux en feutre à très larges bords du couple du dialogist-kantoor (le jour de gloire). Des reproductions disponibles d'une photo noir et blanc prise à venise par Emma-charlotte gobry-laurencin et John Cornu ; dans la foule, des touristes nourrissant les pigeons de la place ne semblent pas remarquer un pigeon empaillé et sans tête déposé là.
Une autre action poétique par le duo (couple?) Dominique Gilliot et Maeva Cunci. Une comédie musicale dramatique en appartement, interprétée en live et en duplex avec Venice Beach, USA. Un roman feuilleton post-punk Durassien, une version électro-pop de Lol Van Stein. Quand Duras boit du mauvais vin et confond Dostoievski et le feuilleton Dallas.
Des gravas de béton et un squelette de main rouge pour véronique Boudier, un bout de bois qui gêne pour Yves Grenet.
Je n' ai rien à dire sur les oeuvres et objets exposés, dans leur singularité et leur solitude, ce qui m'intéresse dans ces amalgames d'artistes et de propositions sont les relations ténues entre tous ces tropismes.
Des chapeaux en feutre à larges bords, une vente d'oeuvres à la criée. Un roman-feuilleton vidéo, faussement kitsch, faussement mièvre, faussement romantique et faussement faux. Des gravas de bèton, un morceaux de bois qui gêne. Une fresque de venise peint à la sauce de tripes, des cartons de bars, un chevreuil magnétique et un pigeon sans tête.


chevreuil-magnetique.jpg
Dominique Gilliot et Maeva Cunci
Connie Stevens+chevreuil magnétique+Venice beach

Nous allions presque oublier une installation sans titre d'Aurélie Salavert et Le moine de la non existence de la pensée,  un agencement qui à lui tout seul mériterait  tout l'espace de la galerie , dommage qu'il soit comme relégué dans un coin de la pièce. C'est un monde en soi avec ses relations internes; une robe, une lumière à la place du coeur, un sac de patates sexué, un dessin néo-féministe de castration et de self-empowerement , des photographies projetées. Cette pièce se démarque en ceci que c'est la seule qui me paraît se hisser au-delà de l'anecdotique où se trouvent confinées les autres propositions, et par une qualité d'écriture quasi fictionelle qui anime l'agencement, il y a du drame.
On espère voir bientôt d'autres agencements de ces deux artistes.

VMW

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Par matyn
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