Errer sur des routes
vers des bibliothèques
D'entre les rayons dépasse un fil
petit, ne paye pas de mine
qu'on épingle avec les doigts, du tout
Pas content de la fabrique héritée
depuis la maison
C'était une étoffe grossière
à trame lâche
Rejetée, ne retenais rien
que la poussière de vêtements
de morts-vivants
Connaître l'effroi
de l'être à la mer dans son filet troué
Galvaudés clichés pauvres en mots
L'homme sans piège est en danger
le chasseur malade est une proie
qui fond
A la surface, il se fabrique
des filets de soi
piège en tissu
qui attrape
dans le grand plein sans sens
sa matière
Ce filet est secrété
mon étoile secrète
qui me renaît
qui puise la matière
à me refaire
étoile de mère
Signe de l'absence signe l'absence -vide- elle n'est pas là, dans mes bras n'existe pas, n'existe plus. Trou. Je n'étais pas là, n'y suis plus, y disparaissais. Dans ses bras la limite entre les deux s'estompait au profil de l'autre, il s'en échappe en moi. Elle ne dit rien, rien n'est dit ici, tout reste avalé, à garder pour la loge sacrée secrète chez l'Autre. Tout se dit-là, dit-elle, mais rien à moi, rien a moi pour prendre. Rien d'elle n'appartient à moi mais elle, veut que je la possède, sans dires ni paroles, sans le trou de la bouche, la prendre, elle qui n'est pas. Ignorant d'elle qui vit en moi, j'embrassai un vide, je m'enfuyais.
Drôle d'amour, une fois n'est pas coutume, une fois dure longtemps.
Et maintenant, abcès à vider
justement
vide accumulé
abcès d'absence répétée
jus de verge inoccupée
coup de vent, fenêtre ouverte
désordre débarrassé sur le sol
plafond défoncé.
Danse des filles sur le balcon
reflet de caresses
vitre cachée
acide culpabili-trique.
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